Antoine Tato Garcia

17 mai 2019

El Mundo - Antoine Tato Garcia

Parution chez KaRu prod le 19 avril 2019

Antoine Tato Garcia (guitare, voix, palmas) n Joseph Garcia (guitare, palmas)
Emilio “Thierry“ Poubill (percussions, chœur)nGuillaume Bouthié (basse, contrebasse, piano, melotron, vibraphone, chœur)nFrançois “Fanfan“ Miniconi (batterie, percussions)Eliene Castillo Borrero (voix 1,6,7) 

featuring : Agnès Jaoui (voix 9)nJaume Catà (tablas 3)nJuan Carlos Aracil (flûte traversière 8, 10)nSteeve Laffont (guitare 10)nManfred Kovacic (clarinette basse 9)

La musique comme un souffle vital, aussi nécessaire que l’air que l’on respire, aussi présente que ce vent qui souvent irrigue les rues de Perpignan la Catalane faisant tourner les cœurs et les têtes, la rumba comme une fenêtre ouverte sur le monde, un chemin de vie que l’on emprunte naturellement et nous mène vers des horizons nouveaux, des moments renouvelés de partage et de bonheur, Antoine Tato Garcia n’aura eu de cesse, depuis son enfance dans les rues de la capitale nord catalane, de porter haut et fort le flambeau de cette tradition populaire, cette rumba catalane, née dans les années 1960 dans les quartiers gitans de Barcelone, de la fusion entre le flamenco et le son cubain. Ambassadeur aussi fervent qu’infatigable, virtuose de la guitare et du chant, fait de la scène son espace de vie, partageant au fil des années des instants magiques, comme suspendus en dehors du temps, avec les groupes Tékaméli, Kaloomé ou Les Rumberos Catalans, ouvrant tour à tour sa porte au groove cubain de la Familia Valera Miranda et à la poésie sensible d’Agnès Jaoui. Entre émotion et flamboyance, intensité et magie, sa musique est un vibrant appel à s’affranchir des frontières, qu’elles soient géographiques ou artistiques, au partage et à la fête. Pas étonnant dès lors que le cinéma se soit emparé de ses chansons pour en faire de sublimes accompagnatrices d’images, celles de Tony Gadlif («Exils» ou «Geronimo»), Alexandre Arcady («Ce que le jour doit à la nuit», Nicolas Vanier («L’école buissonnière») ou Agnès Jaoui («Place publique»), et s’exporte bien au-delà de ses frontières naturelles. Nul étonnement, non plus, à ce que “El ventilador“ nous offre aujourd’hui un album magique, synthèse parfaite d’une virtuosité totale, d’atmosphères intimistes ou légères, et de cette fiesta gitane qui donne au quotidien de jolies couleurs à la ville et à nos vies.

Quelques notes de piano, une guitare qui déchire le silence, une voix, forte, puissante, chaude, qui s’envole et nous entraîne dans son univers, là où la musique fait sens, où les mots, qu’ils se chantent en français ou en espagnol, nous prennent par la main pour nous conter des histoires immortelles. Une mélodie, deux, puis d’autres encore, Antoine Tato Garcia dessine devant nos yeux émerveillés une carte délicate, instantané d’un monde qu’on laisse mourir à petit feu, de vies flamboyantes que l’on rythme avec une guitare et des percussions, d’amitiés sans conditions et d’amours absolues. Quand d’autres sont tango, lui est rumba gitane, celle que l’on ne chante vraiment que si elle coule dans son sang, celle qui fait vibrer les nuits fauves des vies décousues et donne de la chaleur aux jours enivrés. Quand d’autres restent sagement chez eux, lui voyage et nous invite à le suivre dans ses rencontres, que ce soit, dans «Tuyo», avec Agnès Jaoui, comédienne, auteure, chanteuse aux talents multiples et à la poésie sublime, ou, dans «El Mundo», «La Trova» ou «Los ejes de mi carreta», avec Eliene Castillo Borrero, monstre sacré de la musique cubaine ayant accompagné dans le monde entier des artistes tels que Chucho Valdès ou Sylvio Rodriguez. Quand tant d’autres peignent le monde que l’on traverse avec des couleurs par trop aseptisées et déprimantes, Tato, lui, utilise toutes les nuances à sa disposition pour nous offrir un album à son image, joyeux et profond, enthousiaste et sensible, énergique et nostalgique, un disque qui s’écoute un franc sourire aux lèvres et procure une immense envie de danser et de partager quelques moments fous avec ceux qui nous entourent.

Photo © Yoann Galiotto

Photo © Yoann Galiotto