Artús - Cerc - Sortie le 27 mars 2020 chez Pagans


04 février 2020

« Viens voir, m’appelle Lépineux, viens voir, ça souffle un peu ! Descendu dans la doline pour le rejoindre, il me sembla, effectivement qu’un très léger courant d’air sortait par le trou, et je commençais à aider Georges à déchausser ses pierres : un trou qui souffle ! ça veut dire une immense caverne ! ça devenait vraiment passionnant. » Jacques Labeyrie - “Les découvreurs du Gouffre de la Pierre Saint-Martin”

En 1950, l’équipe d’exploration dont faisait partie Jacques Labeyrie allait découvrir un gouffre d’une profondeur record et le descendre un an plus tard avec des moyens techniques encore à l’essai, ce qui coûtera la vie à l’un d’entre eux. Sous leurs pieds, la Pierre Saint Martin, située dans les Pyrénées (64), plus grand massif karstique au monde, qui se dissout depuis 40 millions d’années, offrira 430 km de galeries à explorer. Et parmi les 2000 gouffres criblant le calcaire, dont 50 de plus de 300 m, celui-ci restera le plus emblématique : du nom de son découvreur, Lépineux, on y rentrerait la Tour Eiffel. Il mène à l’un des quatre réseaux hydrogéologiques drainant cette montagne. En dessous, des boyaux, des cavités immenses et notamment la salle de La Verna qui pourrait accueillir dix fois Notre Dame de Paris… Pourtant rien de visible en surface, juste une discrète respiration, une sensation d’inconnu, une envie d’aventure qui mènera à un immense vide rempli d’un bruit blanc, dans un noir absolu. L’être humain prospecte depuis longtemps les profondeurs invisibles de la terre, de l’âme, pour découvrir, remonter et transmettre du vécu. Il a besoin de bousculer ses représentations, de se confronter à l’infini du temps et de l’espace. Par exemple, “L’allégorie de la caverne” de Platon est puissante pour questionner ces deux humanités, l’être « primitif » et l’être « éveillé », qui coexistent en nous, ainsi que leur rapport au réel. Le premier, rattaché aux profondeurs, vivant dans la terre, dans l’ombre de lui-même. Le monde des sens, de l’illusion, de la croyance, des certitudes, des habitudes… le monde physique, matériel. Et le second, rattaché à la lumière, vivant en surface, contemplant les étoiles, n’ayant plus d’ombre. Le monde des idées, de la connaissance, du savoir… le monde transcendé, métaphysique, spirituel. Nourri de lectures, d’une immersion dans ces gouffres (dont une expérience chamanique), Artús nous livre un 6ème album composé comme une symphonie en 6 mouvements. Le groupe Gascon continue ses explorations sonores, géologiques et philosophales. Ils nous entraînent dans un voyage introspectif, unique en son genre, invoquant parfois les esprits de Magma, King Crimson, Einstürzende Neubauten, Gong, Sonic Youth, Swans ou Richard Dawson.

La pochette de l’album est issue d’une peinture de Lydie Aricks, qu’elle a réalisée lors d’une performance commune avec Artús.

f_logo_RGB-Blue_58.png (2 KB)youtube_social_circle_red.png (3 KB)Spotify_Icon_RGB_Green.png (16 KB)Icone_Qobuz_sans_fond.png (59 KB)liens.png (16 KB)