GOAT GIRL

06 février 2018

GOAT GIRL

The Man Single par Goat Girl paru chez Rough Trade le 6 février 2018

Voué dès le départ à devenir un groupe vraiment à part, les quatre musiciennes de Goat Girl (Ellie, Lottie, Naima et Rosie) jouent de la guitare, de la basse et de la batterie et ont le pouvoir de vous faire sentir vivant(e) à nouveau. Des chansons alliant subtilité et férocité, des paroles qui en disent long tout en étant écrites de la manière la plus simple et la plus pacifique qui soit… Ce groupe est assurément un OVNI en cette fin d’année 2016 où la scène musicale britannique commençait à se ramollir. Un nom qui fait directement référence au sketch borderline Goat Boy de l’humoriste Bill Hicks (« It’s disgusting » nous dit Lottie, même si elle ajoute rapidement : « But I like his social commentary, and the satirical element to what he did, »). Les membres du groupe sont fraîchement sortis de leurs universités londoniennes et sont à des années lumières des « nouveautés » qui sortent aujourd’hui. Les quatre membres de Goat Girl ont moins de 20 ans mais leur jeunesse n’est pas leur seul atout. Elles se démarquent avant tout par leur manière de traiter les problèmes de la soi-disant « génération Y » (culture des années 2000). Elles nous ouvrent les yeux et c’est certainement pour cette raison que nombre de personnes quittent les concerts de Goat Girl bouche bée.

C’est chez Rough Trade que Goat Girl va sortir ses deux premiers titres, chacun étant une critique acerbe de l’Angleterre dans laquelle elles ont toutes les quatre grandies. Le style brut de Goat Girl, contre-modèle des groupes de pop classiques, a séduit les connaisseurs. C’est pourquoi, et malgré un très petit nombre de concerts avant l’été dernier, il ne se passe pas un jour sans qu’un nouveau visage ne se pointe devant leur salle de répétition sombre et humide du sud de Londres, contrat à la main, afin de les convaincre de signer chez eux. « It was kind of annoying, we just really wanted to write songs at that point! » nous dit Lottie, qui ajoute que la raison pour laquelle elles ont signé chez Rough Trade est qu’ils leur offraient le temps d’évoluer en tant que groupe. Aujourd’hui, l’objectif de ce groupe aussi rare que rafraîchissant est simple : sortir le plus vite possible « Country Sleaze » et « Scum », partir en tournée et enregistrer un premier album dont les mots d’ordre seront, et Naima insiste bien là-dessus : « spirit, strength and simplicity ». Savoureux et déconcertant de facilité, le groupe Goat Girl est à l’image du Londres de 2016 et lui insuffle une nouvelle réalité.

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