Lénine Renaud

11 septembre 2018

La gueule de l'emploi

Album par Lénine Renaud à paraître chez At(h)ome le 28 septembre 2018

L'amour est-il une valeur refuge, soluble dans le concentré de tomates ? Les certitudes ont-elles une date de péremption ? Peut-on être le missionnaire de son auriculaire ? Faut-il côtoyer souci, angoisse et tracas pour faire rire les femmes ? Peut-on parler des gastéropodes à un stomatologue ? Le voisin d'en face est-il un raconteur d'histoires extraordinaires ? Toutes les réponses à ces questions existentielles sont dans ce nouvel album. Si de prime abord, le nom Lénine Renaud évoque la Révolution, la contestation et les chants de partisans, le groupe raconte, avant tout, nos moments d'égarements. Faut-il rappeler qu'en choisissant de s'appeler Lénine Renaud, ils voulaient faire un clin d’oeil gauche à la demoiselle from Armentières. Le groupe est de tous les combats et prioritairement ceux qui ne semblent pas si glorieux. Les rabat-joie, les gardiens de la vertu, ou encore l'ennui sont dans le viseur du groupe. Sous forme de portraits à la fois tendres, drôles et parfois graves, ils chantent les combats ordinaires des inconnus familiers. Formation acoustique mais groupe d'appellation et d'origine incontrôlable, composé de fortes personnalités et de fichus caractères.

Lénine Renaud sonne rock'n'roll. Ils ont cette attitude et la gueule de l'emploi. Tour à tour folk, swing, funk, musique d'Europe de l'Est, biguine, valse, tango, blues… Lénine Renaud n'est ni « hype », ni « tendance » et s'autorise toutes les influences. C'est un melting pot, un piège musical pour lequel on est heureux de succomber, une world-music de quartier qui n'est pas sans rappeler un certain folklore pour la zone mondiale. Leur coller une étiquette n'est pas possible, ça n'adhère pas. Rien de démonstratif dans le jeu, pas de solos interminables mais une jolie dextérité, une réelle assurance, une maturité qui les amènent à voyager dans une multitude de styles et d'univers pour d'abord servir le propos. La gueule de l'emploi est donc le nouvel album de Lénine Renaud. Il sort le 28 septembre. On remerciera le sorcier Domique Ledudal à la production. On rajoutera que c'est désormais la fantastique Sonia Rekis, la titulaire à l'accordéon. La basse est toujours solidement tenue par l'énigmatique Gauthier Dubuis. La guitare rythmique reste dans les mains de l'étalon Espagnol JB Jimenez. C'est bien entendu le célébrissime Portelois Guillaume Montbobier qui joue toutes les autres guitares. Cyril et Franck n'ont alors eu qu'à poser leurs voix de velours… bien côtelé. À votre tour d'adopter la gueule de l'emploi.