Titi Robin - Rebel Diwana

05 mars 2018

Avec Rebel Diwana, la musique de Titi Robin change de peau et d’outils, sans rien abdiquer de son langage, son âme, sa vision. Flanqué de trois jeunes musiciens de la scène jazz parisienne, ainsi que d’un joueur de sarangi et d’un chanteur indien, son auteur intensifie sa matière, en usant pour la première fois d’une guitare électrique et en posant sa voix sur ses propres mots. Rebel Diwana est un recueil de poèmes acérés et sensuels, où se confondent les figures de la passion et de l’exil. Titi Robin y trace plus profondément encore le sillon d’une expression de l’intime à nulle autre pareille, les contours d’un univers intérieur abreuvé aux sources des musiques du bassin méditerranéen, d’Asie Centrale ou du Rajahstan. Cet album ne pourrait être qu’un pas de côté dans son parcours solitaire : c’est en vérité la réaffirmation d’un regard aigu sur le monde qui, dans un même mouvement, en saisit la violence et la beauté. Les disques de Titi Robin ne valent pas seulement par leur qualité musicale. Ce qui les rend si intensément précieux, c’est que, depuis plus de trente ans maintenant, ils dessinent en profondeur le mouvement d’une expérience, le chemin d’une vie d’homme. Un chemin souvent venteux, parfois accidenté ; mais toujours librement suivi et assumé, envers et contre tout. En 2005, le guitariste, compositeur et improvisateur affirmait déjà : “Mon langage doit évoluer comme moi j’évolue dans l’existence. Si je trahis ce pacte entre ma vie et ma musique, l’une ou l’autre me le fera payer.” Rebel Diwana ne fait pas exception à cette règle, qui relève moins d’un dogme esthétique que d’une éthique personnelle mise en actes. Pour Titi Robin, il s’agit encore une fois d’apporter la plus grande exigence, l’attention la plus soutenue à l’exercice du métier de vivre. À la musique, ensuite, d’en refléter poétiquement le labeur et d’en consigner les traces. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce nouvel album s’ouvre avec un prélude instrumental dont le titre, empreint d’une gravité pas totalement dénuée de malice, est Primum vivere. Oui, “il faut vivre d’abord”... Les anciens ajoutaient : “et ensuite philosopher”. Titi Robin, lui, ajoute : “et ensuite créer de la musique”.

 

LINE UP : TITI ROBIN GUITARES,

VOIX ARTHUR ALARD

BATTERIE NATALINO NETO

BASSE MURAD ALI KHAN

SARANGI NICHOLAS VELLA

CLAVIERS SHUHEB HASAN CHANT

 

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