OCTAVIO MAI


30 janvier 2019

OCTAVIO MAI

En octobre 2017, Juliette Bazenet et Johan Putet dévoilent sous le nom de KØS un premier titre, Light & Shadow, et réalisent une entrée remarquée sur la scène électro-pop française.

Une ballade en clair-obscur, mélancolique et planante, chantée en anglais, où la voix élastique de Juliette électrise les machines de Johan, ingénieur du son et producteur de formation. « Quand je l’ai rencontrée, elle avait ce petit côté Lana Del Rey, se souvient-il. C’est une grande diva aux multiples casquettes, elle a une technique absolument incroyable sans avoir jamais pris de cours de chant. » Juliette a fait de la flûte traversière pendant 12 ans, avant d’apprendre seule à jouer de la guitare. Johan a été batteur pour une dizaine de formation allant du rock au hip-hop. Réunis autour de leur passion commune pour la musicalité épique de M83 et Woodkid, le duo basé à Lyon recherche l’exaltation. Ils se font désormais appeler Octavio Mai. Le propos évolue, plus pur, plus immédiat, matérialisé par le passage de l’anglais au français. « C’était plus naturel de composer en français, explique Juliette. J’ai l’impression de moins mentir au public et de plus ressentir ce que je chante. » Entre récits d’insomnie et rêves éveillés, elle met beaucoup d’elle dans ses textes. Il est souvent question de fuite, mais il n’y a rien de triste. Sous une autre identité, celle de Suzie, elle goûte l’ivresse d’autres décors (Mon désir). « Je décris la femme que je refuse d’être à 40 ans, celle qui pète un câble parce qu’elle se rend compte qu’elle n’a pas choisi cette vie là. »

Elle soigne ses angoisses, sa peur du noir et du vide dans La Nuit reviendra. « J’ai fait des terreurs nocturnes pendant plusieurs mois, j’appréhendais la nuit, dit-elle. Quand la lumière s’éteint, on peut écouter son coeur battre, toutes les questions fusent et on se retrouve face au vide. Ce n’est pas pour rien qu’on cherche à remplir ses tiroirs, meubler sa maison. » Elle trouve l’inspiration dans sa relation avec Johan, pour qui elle écrit Yeux Turquoise. Dans On Ira, l’amour triomphe contre ceux qui n’y croient pas. Avec ses influences tribales, Rêveries parle de lâcher prise, cet état second, cette course aux souvenirs dans les nuits sans sommeil. Les sentiments d’Octavio Mai sont exacerbés, et déploient leur dimension lyrique dans les choeurs et les explosions orchestrales des morceaux, pensés dans leur home studio de Lyon, développés à quatre mains avec Ambroise Willaume (ex-Revolver, Sage), puis mixés par Etienne Caylou (Eddy de Pretto, Juliette Armanet). « On a la culture des poils qui se hérissent », résume Johan. Et Juliette d’ajouter : « On voulait de l’efficacité, des morceaux immédiats, grandioses, avec des refrains qui restent en tête. » Ils composent ensemble, en couple, sans complexe ni jugement. L’harmonie classique des mélodies se mêle à une approche plus futuriste de la forme et du son, entre électro et pop. Les morceaux sont plus chauds qu’à leurs débuts, et versent tantôt dans la dance tantôt dans l’urbain. On croise des instruments hybrides sur l’EP, à l’exception d’un synthé des années 70, un piano, un tambourin, une cymbale et un shaker : « C’était un vrai parti-pris, on s’est tenus aux maquettes d’origine, et cette capacité de faire absolument tout ce qu’on voulait avec un ordinateur. ». Sur scène, ils feront bientôt corps avec la robotique, équipés d’un gant électronique qui leur permettra d’actionner des programmations dans l’espace. « En live, on a toujours le même souhait, la transe », concluent-ils. L’exaltation, toujours, à la recherche du grand frisson.