Anthony Joseph – The Ark, odyssée jazz afrofuturiste
Un son pour les fans de jazz spirituel, de spoken word incandescent et de grooves afro-futuristes comme…
Gil Scott-Heron, Sun Ra, The Last Poets, Moor Mother, Sons of Kemet
Anthony Joseph – The Ark
Sortie le 24 avril 2026 chez Heavenly Sweetness

Avec The Ark, Anthony Joseph livre un disque habité, dense et magnétique, où le jazz, le spoken word, le dub et l’afrofuturisme se rencontrent dans un même souffle. Un album organique, traversé par la mémoire, l’exil, l’amour et les secousses intérieures.
Anthony Joseph – The Ark : un voyage intérieur entre poésie, jazz et visions du futur
Depuis une vingtaine d’années, Anthony Joseph construit une œuvre à part, où la parole, la musique et la pensée avancent ensemble. Né à Trinidad et installé à Londres, l’artiste, poète et romancier nourrit son univers des littératures caribéennes, des diasporas noires, du surréalisme et des imaginaires afrofuturistes. Avec The Ark, son dixième album, il pousse encore plus loin cette manière unique de faire dialoguer le monde intime et le monde symbolique, les blessures personnelles et les récits collectifs.
Ce disque s’inscrit dans la continuité d’un cycle amorcé avec Rowing up River to Get Our Names Back, paru en 2025, mais il en propose une version plus sombre, plus éclectique et parfois plus expérimentale. The Ark s’écoute comme une traversée. On y croise l’exil, l’amour, les tourments, la résilience, les rituels, les fantômes, la science-fiction noire et une spiritualité qui ne cherche jamais l’effet décoratif. Ici, tout semble relié : le vaudou, le calypso, le P-Funk de George Clinton, le jazz cosmique de Sun Ra et cette façon très particulière qu’a Anthony Joseph de faire de sa voix un instrument de présence.
Un album né dans l’épreuve, porté par la matière vivante du groupe
L’histoire de The Ark est aussi celle d’un retour à flot. Interrompu par une grave dépression, le processus créatif a pris une profondeur nouvelle lorsque Anthony Joseph a repris l’écriture, après une période de thérapie et de convalescence. Les musiques composées en amont par Dave Okumu lui ont offert un socle puissant, ouvert, mouvant, sur lequel il a pu déposer des textes marqués par la douleur traversée, mais aussi par la possibilité d’un recommencement.
L’enregistrement, mené dans un esprit très vivant, laisse une large place à l’improvisation et à l’énergie du collectif. Guitare, saxophone, Fender Rhodes, pulsations terriennes et nappes plus spectrales s’y entremêlent avec naturel. Puis vient la voix d’Anthony Joseph : grave, charismatique, incantatoire, à la frontière du poème, du chant et du sermon laïque. Le mixage renforce encore cette sensation d’espace et de vertige, notamment grâce à des effets dub qui donnent au disque une profondeur presque hallucinée.
Entre littérature, mémoire et arche symbolique
The Ark puise aussi dans un autre versant essentiel de l’artiste : son travail de romancier. Anthony Joseph avait déjà exploré ces territoires dans The African Origins of UFOs, un roman mêlant passé mythologique, présent contemporain et futur spéculatif. On retrouve ici cette même capacité à imaginer d’autres mondes pour relire les violences anciennes et les impasses du présent. L’arche du titre devient alors plus qu’une image : un refuge, un vaisseau, une mémoire en mouvement, quelque part entre Noé, le Mothership de George Clinton et les utopies sonores de Sun Ra.
Les morceaux eux-mêmes donnent à entendre toute cette richesse. James ouvre l’album sur un groove souple et profondément incarné. Blue Susan prolonge la veine spoken word chère à l’artiste. Transposition of Space explore l’exil et le trouble des lieux déplacés. The African Origins of UFOs replonge dans ses obsessions afrofuturistes, tandis que Your Bird & I apporte une respiration plus amoureuse. Enfin, la longue pièce Baron Samedi, entre soul, dub et transe intérieure, referme l’album avec une intensité presque cathartique.
À l’heure où beaucoup fantasment le futur de la musique par la machine, Anthony Joseph choisit un autre cap : celui d’une création profondément humaine, organique, traversée de doutes, de visions et de mémoire. The Ark n’est pas un disque facile au sens le plus immédiat du terme, mais c’est justement ce qui le rend précieux : il avance sans simplifier, sans lisser, en laissant les zones d’ombre parler elles aussi.
« The Ark est un disque de passage, de survie et de visions, où Anthony Joseph transforme l’épreuve en matière poétique. »
— Radio Rempart
Anthony Joseph : biographie express
Anthony Joseph est un poète, romancier, musicien et performeur né à Trinidad. Installé de longue date à Londres, il développe depuis plusieurs années une œuvre singulière au croisement du jazz, du spoken word, de la pensée caribéenne et des imaginaires afrofuturistes.
Son travail mêle littérature, musique et conscience historique avec une intensité rare. Album après album, il s’impose comme l’une des voix les plus habitées de cette scène où le verbe et le groove avancent dans le même élan.
Un disque ample, ténébreux et vibrant, qui préfère la profondeur au formatage et la vision au confort immédiat.
Le verdict Radio Rempart
Anthony Joseph signe avec The Ark un album dense, libre et habité, où la parole garde toute sa force sans jamais écraser la musique. Entre jazz, dub, spiritualité, littérature et visions afrofuturistes, ce disque impressionne par sa cohérence et sa profondeur. Une œuvre exigeante, mais intensément vivante.
