Siân Pottok – Happy People, un EP solaire entre soul, afro-pop et métissage
Un son pour les fans de soul métissée, d’afro-pop lumineuse et de voix voyageuses comme…
Laura Mvula, Yaël Naïm, Fatoumata Diawara, David Walters, Björk
Siân Pottok – Happy People
Sortie le 23 janvier 2026 chez Underdog Records

Avec Happy People, Siân Pottok livre un EP lumineux et habité, où la soul, l’afro-pop et les musiques du monde se rencontrent dans un même élan de partage. Porté par une production souple et raffinée, le disque cherche moins à choisir une case qu’à faire circuler l’énergie, la chaleur et le mouvement.
Siân Pottok – Happy People : une lumière afro-pop entre élégance, rythme et ouverture
Avec Happy People, Siân Pottok poursuit un parcours déjà singulier en ouvrant encore davantage sa musique vers la danse, la lumière et le dialogue des cultures. Réalisé par Tom Excell, figure bien connue pour ses liens avec Nubiyan Twist, Onipa ou encore David Walters, cet EP met en avant des mélodies accrocheuses, une rythmique afro-pop souple, des saxophones qui évoquent par instants l’univers de Mulatu Astatke, et le son céleste du kamele ngoni, qui se mêle avec beaucoup de finesse à la voix de Siân.
La rencontre entre l’artiste et Tom Excell semble avoir immédiatement produit une vraie alchimie. Sa touche UK afro-pop apporte une fraîcheur évidente à l’ensemble, sans jamais écraser la personnalité de Siân Pottok. Au contraire, Happy People donne le sentiment d’un projet qui trouve le bon équilibre entre raffinement, générosité et désir d’aller vers l’autre.
Un EP porté par le métissage, l’expérience et la circulation des mondes
Entre Londres, Paris et Kinshasa, Siân Pottok façonne un son personnel, fait de profondeur, de sensualité et d’envie de mouvement. Son parcours éclaire beaucoup cette musique. D’origine indienne et congolaise par sa mère, slovaque et belge par son père, née aux États-Unis puis élevée entre la Belgique et New York, elle porte en elle un croisement culturel qui ne relève jamais de la posture. Chez elle, le métissage est une matière vivante.
Étudiante à Paris, elle commence par se produire dans les clubs de jazz, avant de partir vivre quatre ans à New York. Là-bas, elle chante dans les clubs de Brooklyn et de Manhattan, accompagnée notamment de musiciens comme Richard Bona, Jon Batiste, Mike Stern, Grégoire Maret ou Clarence Penn. Ce passage par le jazz, la scène et les rencontres internationales nourrit encore aujourd’hui une façon très libre de faire circuler les styles.
Le kamele ngoni comme colonne vertébrale d’une voix en mouvement
Une autre clé essentielle de son univers réside dans le kamele ngoni, cet instrument cousin de la kora, dont la dimension spirituelle et aérienne est devenue le double de sa voix. Formée par le maître Abou Diarra, Siân y a trouvé bien plus qu’une couleur sonore : une véritable colonne vertébrale musicale, un lien direct avec ses racines et un espace d’expression qui relie l’intime au collectif.
Son enfance bercée par Miriam Makeba, Harry Belafonte, Papa Wemba, puis la rencontre avec Vincent Segal et Ballaké Sissoko, ont visiblement contribué à faire naître ce désir de retour vers l’Afrique. Dans Happy People, ce cheminement ne s’entend jamais comme un discours plaqué. Il traverse les chansons avec naturel, dans les textures, les timbres et cette manière d’associer profondeur et plaisir immédiat.
Une musique qui danse, mais qui pense aussi
Au-delà de sa chaleur sonore, Happy People porte aussi une intention claire. L’EP veut parler d’amour, de partage, de liberté, mais aussi des contradictions de notre époque. Derrière son énergie lumineuse, il questionne notre rapport au bonheur factice, aux injonctions sociales, à la protection de la planète et à l’acceptation des différences. Une façon de rappeler qu’une musique fédératrice peut aussi garder du fond.
Ce goût du lien et de la transmission fait d’ailleurs écho au parcours humain de Siân Pottok. Pendant une dizaine d’années, elle s’est engagée auprès d’ONG et d’Alliances Françaises en Inde et en Afrique australe, en menant des ateliers autour de la musique et de la photographie auprès de femmes et d’enfants en situation de précarité. Cette expérience semble prolonger ce que sa musique cherche à faire : relier, ouvrir, remettre du vivant là où les frontières séparent.
Après un duo avec l’artiste brésilien ROGÊ, une collaboration autour de Mama Africa avec Chico César, puis sa présence dans plusieurs créations scéniques collectives, Siân Pottok continue d’affirmer une identité d’artiste exploratrice. Happy People en est une nouvelle preuve : un disque court, mais vibrant, qui avance avec le sourire, la finesse et l’envie sincère de rassembler.
« Une musique où la profondeur rencontre l’envie inexorable de danser. »
– Autour de Siân Pottok
Pourquoi Happy People retient l’attention
Happy People a quelque chose de très accueillant. L’EP donne envie d’entrer dans son monde immédiatement, tout en laissant apparaître peu à peu une vraie richesse de parcours, de sons et d’influences.
Ce qui séduit ici, c’est cette capacité à rester fluide et accessible sans devenir lisse. La soul, l’afro-pop, le jazz, les racines africaines et le goût du collectif s’y croisent avec beaucoup de naturel.
« Un EP lumineux, métissé et généreux, qui transforme le raffinement en élan partagé. »
Écouter Siân Pottok
Retrouve l’EP Happy People et les liens utiles ici :
Le verdict Radio Rempart
Avec Happy People, Siân Pottok signe un EP élégant, chaleureux et très vivant. Sa voix, le kamele ngoni, la production de Tom Excell et ce goût du métissage assumé donnent naissance à un projet lumineux, ancré dans le partage sans renoncer à la profondeur. Un disque qui fait du bien, tout en gardant du relief.
