Taj Mahal – Time, le blues en large et en profond
Un son pour les fans de blues ample, de roots métissé et de légendes qui jouent encore avec une liberté totale comme…
Ry Cooder, Keb’ Mo’, Little Feat, Bonnie Raitt, Ben Harper
Taj Mahal, Phantom Blues Band – Time
Sortie le 1 mai 2026 chez Resonatin’ Records

Avec Time, Taj Mahal retrouve le Phantom Blues Band pour un disque qui donne immédiatement le sentiment d’une musique vécue, respirée, partagée depuis longtemps. Blues, soul, folk, reggae, grooves de La Nouvelle-Orléans et couleurs latines s’y croisent avec une évidence tranquille, celle des artistes qui n’ont plus rien à prouver mais encore beaucoup à dire.
Taj Mahal, Phantom Blues Band – Time : un album de maîtres, ample, libre et naturellement habité
Il y a des artistes qui traversent les décennies sans jamais se figer dans leur propre légende. Taj Mahal est de ceux-là. Avec Time, il ne revient pas pour illustrer un statut ni pour capitaliser sur un héritage. Il revient avec cette manière bien à lui d’ouvrir le blues, de le laisser parler avec la soul, le reggae, le folk, les rythmes caribéens ou les élans de la tradition américaine la plus vaste. Chez lui, les styles ne se juxtaposent pas : ils respirent ensemble.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la sensation de confiance qui habite ce disque. Rien n’y semble forcé. Tout coule, tout avance avec une forme de profondeur tranquille. Time a été enregistré à l’origine en 2010, mais cette sortie tardive ne lui enlève rien, bien au contraire. Elle donne presque l’impression qu’un beau chapitre, resté trop longtemps dans l’ombre, trouve enfin son moment.
Une alliance forgée sur trois décennies
Le lien entre Taj Mahal et le Phantom Blues Band ne date pas d’hier. Cette collaboration longue de plusieurs décennies a déjà donné naissance à des albums marquants comme Señor Blues et Shoutin’ in Key, tous deux récompensés aux Grammy Awards. Sur Time, cette histoire commune s’entend dans la moindre respiration. Il ne s’agit pas d’un simple groupe d’accompagnement, mais d’un véritable langage partagé, affiné au fil des années.
Les sessions réunissent notamment Tony Braunagel à la batterie, Larry Fulcher à la basse et Johnny Lee Schell à la guitare, ce dernier assurant aussi la production avec Berkowitz. À leurs côtés, le grand pianiste de La Nouvelle-Orléans Jon Cleary et l’organiste Mick Weaver viennent enrichir encore cette matière sonore déjà très dense. Mais l’élégance du disque tient justement à cela : malgré la richesse des couleurs, tout reste lisible, chaleureux, vivant.
Le blues comme territoire ouvert
Parler de blues pour décrire Time est juste, mais pas suffisant. Taj Mahal a toujours refusé les frontières trop étroites, et cet album le rappelle avec beaucoup de naturel. On y entend bien sûr le poids magnifique de la tradition, mais aussi des élans reggae, des grooves souples venus de La Nouvelle-Orléans, des accents roots, des teintes latines et cette façon rare d’élargir le cadre sans jamais perdre l’âme du morceau.
C’est aussi ce qui rend ce disque si agréable à écouter aujourd’hui. Il ne sonne ni daté ni soumis à une mode précise. Au contraire, il donne l’impression d’une musique qui connaît parfaitement ses racines et qui, pour cette raison même, peut se permettre d’aller ailleurs. Time est traversé par la liberté d’un artiste qui sait d’où il vient et qui n’a jamais accepté qu’on réduise le blues à une formule figée.
Une leçon de présence plus que de démonstration
À plus de six décennies de carrière et après plus de quarante albums, Taj Mahal reste un cas à part dans la musique américaine. Lauréat du GRAMMY Lifetime Achievement Award 2025, il continue d’incarner une manière très libre d’être musicien, compositeur et passeur culturel. Time ne cherche pas à résumer tout cela, mais le disque en porte naturellement la trace : celle d’un artiste qui a profondément marqué la musique roots en rappelant sans cesse ses liens vivants entre les continents, les histoires et les traditions.
Au fond, ce qui touche le plus ici, c’est peut-être l’absence totale de raideur. Rien n’est démonstratif. Taj Mahal n’a pas besoin de prouver qu’il est immense. Il chante, il joue, il laisse le groupe respirer, et tout cela suffit largement. Time ressemble ainsi à une conversation entre maîtres, une séance de musique profonde et lumineuse, portée par des musiciens qui savent que la vraie élégance tient souvent dans la simplicité du geste juste.
Un disque qui avance avec chaleur et évidence
Ce qui reste après l’écoute, c’est une sensation de densité souple. Time n’écrase jamais sous le prestige de son nom ou de ses états de service. Il avance avec une chaleur humaine, un goût du partage et une évidence musicale qui le rendent immédiatement accueillant. C’est un album de transmission, oui, mais sans solennité. Un disque de maîtres, mais qui garde les pieds sur terre et le plaisir de jouer au centre.
Dans une époque qui confond parfois authenticité et raideur, Taj Mahal rappelle ici qu’une musique profondément enracinée peut rester ouverte, souple, hospitalière. Time n’est pas seulement un beau retour : c’est un disque qui donne à entendre ce que devient le blues quand il reste un art vivant, capable d’embrasser le monde sans jamais perdre son coeur.
« Taj Mahal élargit encore le blues et signe avec le Phantom Blues Band un disque profond, généreux et sans une once de raideur. »
– Radio Rempart
Taj Mahal : biographie express
Taj Mahal est l’un des grands architectes de la musique roots américaine, capable depuis les années 1960 de faire dialoguer blues, folk, soul, reggae, traditions caribéennes et héritages culturels multiples dans une oeuvre immense.
Avec Time, enregistré avec le Phantom Blues Band, il rappelle que sa musique n’a jamais été affaire de frontières, mais de circulation, de mémoire et de liberté.
« Un album chaleureux et souverain, où chaque détour musical semble porté par l’expérience, la complicité et le plaisir du jeu. »
Le verdict Radio Rempart
Time montre un Taj Mahal toujours aussi libre dans sa manière d’habiter le blues et de l’ouvrir au monde. Avec le Phantom Blues Band, il signe un album ample, profond et lumineux, porté par une complicité réelle et une science du groove qui ne vieillit pas. Un disque de classe, au sens le plus vivant du terme.
