Exsonvaldes retrouve l’urgence du rock sur Ninety Seconds to Midnight
Un son pour les fans de rock indé mélodique, de guitares tendues et de pop alternative racée comme…
Grandaddy, Death Cab for Cutie, dEUS, Nada Surf, Mercury Rev
Exsonvaldes – Ninety Seconds to Midnight
Sortie le 13 février 2026 chez V2 Records Benelux

Avec Ninety Seconds to Midnight, Exsonvaldes retrouve le goût du rock plus frontal, plus direct et plus mordant. Sans renier son sens du détail ni son élégance mélodique, le trio parisien signe ici un disque qui remet les guitares au premier plan et capte à merveille la tension de notre époque.
Exsonvaldes – Ninety Seconds to Midnight : un retour aux racines, entre nervosité rock et lucidité contemporaine
« Un groupe de lycée qui a continué. » C’est avec cette modestie presque désarmante que Simon Beaudoux, chanteur et guitariste d’Exsonvaldes, résume l’aventure du groupe au moment de dévoiler son sixième album, Ninety Seconds to Midnight. Pourtant, derrière cette formule, il y a déjà une trajectoire riche : Time We Spent Together en 2004, devenu culte pour toute une frange du rock indé, un passage partiel au français, le tube L’Aérotrain en 2013, des tournées remarquées en Espagne, une séparation en 2017, puis un retour convaincant en 2023 avec Maps.
Ce nouveau disque regarde en arrière, mais jamais avec nostalgie figée. Après avoir longuement exploré des textures plus eighties et une production souvent très travaillée, Simon, Martin Chourrout et Antoine Bernard avaient envie de retrouver quelque chose de plus instinctif : plus de guitares crades, plus de disto, plus d’élan. Une manière de renouer avec les premières répétitions, quand le groupe jouait du Nirvana, du Foo Fighters ou du Weezer, avec cette simplicité explosive propre au rock des années 90.
Un disque plus brut, sans perdre le goût du détail
Exsonvaldes n’a jamais cessé d’aimer les morceaux finement construits. Mais sur Ninety Seconds to Midnight, le trio cherche clairement à desserrer l’étau. Là où Maps pouvait apparaître très dense, presque foisonnant, ce nouvel album privilégie une frappe plus directe, un son plus rugueux, tout en gardant cette science de l’arrangement qui fait la singularité du groupe.
Le résultat s’entend immédiatement sur les refrains gorgés de fuzz de Tate (Like the Museum) et French Keyboard, sur le chant combatif de Tired of Everything ou encore sur le riff acéré de Paris Bruxelles. Même lorsqu’il se fait plus vaporeux, Exsonvaldes ne relâche jamais complètement la tension. Les synthés tournoyants de Abandoned Water Park, par exemple, laissent affleurer un héritage assumé, du côté de Grandaddy, autre groupe fétiche brandi avec fierté.
Des invités bien choisis, entre fidélité et affinités profondes
L’album accueille aussi plusieurs complices de choix. Sur Frontiers, la voix immédiatement reconnaissable de Troy Von Balthazar apporte à la chanson une tension fragile et magnétique. La présence de l’ancien chanteur de Chokebore n’a rien d’un simple featuring décoratif : elle touche à l’ADN affectif même du groupe, qui le fréquente depuis presque ses débuts.
Autre présence familière, celle de Helena Miquel, déjà entendue sur plusieurs titres des Parisiens, qui vient illuminer En sentido contrario avec sa grâce limpide. Cette ouverture vers l’Espagne n’est pas anodine non plus pour Exsonvaldes, groupe qui y a connu une belle histoire avec le public au fil des années.
Un premier album sur V2, presque comme un retour à la maison
Ce disque du retour aux racines est aussi le premier à paraître sur V2 Records Benelux, un label mythique dont le catalogue des années 90 réunissait justement nombre d’artistes fondateurs pour le groupe, comme dEUS, Grandaddy ou Mercury Rev. Le plus beau, c’est que cette signature n’est pas née d’une stratégie calculée, mais presque d’un heureux concours de circonstances.
Après une décennie d’autoproduction choisie plus que subie, Exsonvaldes ne cherchait pas spécialement de maison de disques. Le lien s’est d’abord créé autour d’une artiste défendue par Finalistes, le label monté par Martin, Antoine et Simon. Et puis, presque par surprise, V2 s’est intéressé au groupe. Une rencontre naturelle, comme si ce disque plus brut trouvait enfin l’écrin correspondant à son imaginaire d’origine.
Une écriture plus fluide, nourrie par l’expérience
Cette aisance nouvelle ne doit rien au hasard. Entre la séparation de 2017 et le retour en 2023, Martin et Simon ont continué d’avancer sous le nom de Ravages, explorant des territoires plus chanson et électro. Ils ont aussi participé à plusieurs writing camps à l’étranger, dans le cadre de projets soutenus notamment par la Sacem ou le Centre national de la musique. De quoi accumuler des réflexes, de la confiance, et une nouvelle façon de faire circuler les idées.
L’enregistrement de Ninety Seconds to Midnight, comme celui de Maps, a d’ailleurs été réalisé par le trio lui-même. Plus de démos préparatoires comme auparavant : Exsonvaldes écrit, produit et affine au fil de l’eau, dans un mouvement plus fluide, plus organique, presque plus vivant. Cela s’entend dans la cohérence du disque, qui ne donne jamais l’impression d’être démonstratif malgré la richesse de ses couches sonores.
Un album bien ancré dans le malaise du présent
Malgré toutes ses références aux années 90, Ninety Seconds to Midnight n’a rien d’un exercice rétro. Le disque parle bel et bien d’aujourd’hui. Dans Paris Bruxelles, il est question de cette impression d’emporter sa solitude avec soi, même en changeant de décor. Ailleurs, le groupe touche à la soif de reconnaissance, à la difficulté de montrer ses failles, à cette menace diffuse qui imprègne notre époque sur les plans politique, écologique et intime.
Le titre de l’album, emprunté à la chanson finale Abandoned Water Park, renvoie à l’image de l’horloge de la fin du monde, ce compte à rebours symbolique mesurant la proximité de l’humanité avec sa propre destruction. Une idée vertigineuse, mais qui n’empêche pas Exsonvaldes de rester intensément vivant. Au contraire : c’est peut-être parce que tout vacille que ce disque sonne avec autant d’urgence, de clarté et de nécessité.
« Un album plus brut, plus tendu, mais toujours aussi précis dans l’art de faire vibrer la mélodie. »
– Radio Rempart
Exsonvaldes : biographie express
Exsonvaldes fait partie de ces groupes français qui ont su bâtir une identité forte dans le paysage indie rock, entre élégance mélodique, exigence sonore et vraie culture du morceau. Né au tournant des années 2000, le trio a traversé les phases, les langues, les formats et même une séparation, sans jamais perdre ce qui le rend immédiatement identifiable.
Avec Ninety Seconds to Midnight, Simon Beaudoux, Martin Chourrout et Antoine Bernard livrent un album qui condense leur parcours : les racines rock, le goût du relief, la maîtrise de la production et une écriture plus affûtée que jamais.
« Exsonvaldes remet du grain, du nerf et de la tension dans sa pop rock sans sacrifier l’intelligence des chansons. »
Le verdict Radio Rempart
Exsonvaldes réussit un très bel équilibre avec Ninety Seconds to Midnight : revenir à une énergie plus brute sans perdre sa finesse d’écriture, regarder vers les années 90 sans tomber dans le fétichisme, parler du présent sans lourdeur démonstrative. C’est un disque dense, nerveux, habité, qui confirme que le trio compose aujourd’hui avec une maîtrise et une liberté remarquables.
