Frank The Sinatra, un crooner bionique en liberté
Un son pour les fans de pop rétro, de crooners décalés et de synthés analogiques pleins de fantaisie comme…
Sparks, Baxter Dury, Sébastien Tellier, Divine Comedy, Philippe Katerine
Frank The Sinatra – Frank The Sinatra
Sortie le 12 juin 2026 chez La Ruche-Le Label

Avec Frank The Sinatra, on entre dans un drôle de cabaret du futur. Le projet imagine un crooner bionique, un peu nostalgique, un peu sceptique, qui s’accroche à ses vieux synthétiseurs analogiques pour redonner vie à une idée très personnelle de la chanson. Le résultat est joueur, décalé, élégant et franchement singulier.
Frank The Sinatra – Frank The Sinatra : Broadway revu par un crooner bionique et malicieux
Il y a des projets qui annoncent tout de suite la couleur. Frank The Sinatra en fait partie. Ici, pas question de reproduire sagement un héritage ou de jouer la carte du rétro pour le simple plaisir du clin d’oeil. Le disque imagine un personnage de crooner bionique qui regarde vers ses classiques avec tendresse, tout en les faisant passer dans un drôle de laboratoire sonore nourri de vieux synthétiseurs analogiques et d’accidents volontaires.
L’idée de départ est excellente : dans un futur proche où la musique se déshumanise, Frank The Sinatra continue de chanter ses vieilles chansons comme on s’accroche à une mémoire vivante. Mais au lieu de les figer, il les bouscule. Il introduit de l’aléatoire dans son processus créatif, se surprend lui-même, et transforme peu à peu son propre répertoire en une sorte de jukebox imprévisible. Cette part de jeu donne immédiatement au projet son charme particulier.
Un duo qui fabrique du décalage avec beaucoup de précision
Dans la vraie vie, Frank The Sinatra est porté par deux musiciens : Thomas Chignier, à la voix, à la batterie et à l’ingénierie du son, et Noé Macary, à la voix et aux synthétiseurs analogiques. Les deux complices se connaissent de longue date et ont déjà été repérés récemment aux côtés de la chanteuse Brigitte Buhlmann sur l’album Beautiful Love, où ils signaient batterie, claviers et arrangements.
Cette expérience commune se sent dans la façon dont tout semble à la fois libre et parfaitement tenu. Le duo respecte un protocole de création semi-aléatoire très particulier. Tout commence par une pièce instrumentale issue d’un jam entre synthés et batterie. Une fois ce terrain posé, différentes chansons de Frank The Sinatra viennent s’y frotter jusqu’à ce qu’une mélodie s’impose presque comme une évidence. Puis la voix se pose à son tour, au plus près du texte et de la ligne d’origine, tout en laissant vivre les petits décalages qui apparaissent en chemin.
Entre Broadway, machines vintage et charme de la légère dissonance
Ce qui séduit dans ce disque, c’est justement cette alliance entre sophistication et malice. On pense parfois à un Broadway réinventé par des machines anciennes, parfois à une pop théâtrale qui n’aurait pas peur du dérapage élégant. Les synthétiseurs analogiques ne servent pas ici de simple décor. Ils apportent une texture, une chaleur, mais aussi une instabilité bienvenue. Le son respire, tangue un peu, s’autorise des frottements qui donnent au projet son grain si particulier.
Le duo semble s’amuser de ces légères discordances, et c’est précisément là que le projet devient attachant. Au lieu de lisser le résultat, Frank The Sinatra laisse passer un peu de bizarrerie, un peu d’étrangeté, un peu de fantaisie. Cela n’empêche jamais la musique d’être accueillante. Au contraire, cette façon de conserver du jeu, du trouble et du décalage donne beaucoup de vie à l’ensemble.
Un projet qui chante autant la mémoire que le plaisir
Derrière son concept amusé, Frank The Sinatra raconte aussi quelque chose de plus touchant. Il y a dans cette idée de continuer à chanter pour se souvenir, pour fuir l’avenir ou simplement pour le plaisir, une part de mélancolie très douce. Le personnage inventé par le duo n’est pas seulement un prétexte esthétique. Il permet de faire exister une musique qui regarde en arrière sans se figer, qui convoque le passé sans le momifier.
Au final, cet album joue avec les codes du crooner, de la chanson orchestrée et de la pop synthétique sans jamais se laisser enfermer. Frank The Sinatra propose un univers cohérent, drôle, sonore, légèrement bancal au bon sens du terme, et assez rare pour attirer tout de suite l’oreille. Un disque qui aime les chansons, les machines et les accidents heureux.
« Frank The Sinatra transforme Broadway en terrain de jeu rétro-futuriste, avec du charme, du relief et une vraie personnalité. »
– Radio Rempart
Frank The Sinatra : biographie express
Frank The Sinatra est un projet porté par Thomas Chignier et Noé Macary, deux musiciens qui mêlent voix, batterie, ingénierie sonore et synthétiseurs analogiques dans une approche volontairement semi-aléatoire.
Ensemble, ils imaginent un crooner bionique qui revisite ses classiques avec humour, élégance et goût du décalage, entre mémoire de Broadway et fantaisie électro vintage.
« Une sortie singulière, pleine d’invention, qui préfère les heureux accidents aux relectures trop sages. »
Le verdict Radio Rempart
Frank The Sinatra réussit une entrée en matière très personnelle. Le duo y fait dialoguer Broadway, synthés analogiques et méthode de création semi-aléatoire avec assez d’humour et de finesse pour signer un disque vraiment à part. Une curiosité attachante et bien plus construite qu’elle n’en a l’air.
