Ireke fait vibrer l’intime et le groove sur Ayo Dele
Un son pour les fans de soul moderne, de grooves organiques et de voix habitées comme…
Kokoroko, Dowdelin, Fat Freddy’s Drop, Jordan Rakei, SAULT
Ireke – Ayo Dele
Sortie le 20 mars 2026 chez Underdog Records

Avec Ayo Dele, Ireke déploie une soul ample, vibrante et profondément humaine. Porté par un groove souple, des textures chaudes et des voix féminines qui ne cherchent jamais l’effet facile, l’album ouvre un espace où la lumière circule au milieu des failles, des élans et des résistances intimes.
Ireke – Ayo Dele : un groove habité, entre chaleur collective et souffle intérieur
Ayo Dele, qui signifie « la joie vient à moi » en yoruba, n’a rien d’un slogan posé pour faire joli. C’est plutôt un mouvement, un souffle, une manière d’avancer dans le tumulte sans renoncer à la lumière. Avec ce nouvel album, Ireke trouve un équilibre particulièrement juste entre la densité du groove et l’intimité des voix, entre l’élan du corps et ce qui, plus discrètement, remue à l’intérieur.
Au coeur du projet, Julien Gervaix et Damien Tesson façonnent un langage musical riche et ouvert. Beatmakers, multi-instrumentistes, explorateurs de studio, ils puisent dans l’afrobeat, le dub, le funk, la soul, le reggae roots et les musiques électroniques sans jamais enfermer leur musique dans une formule. Leur terrain de jeu, c’est le groove, mais un groove vivant, respirant, capable d’être à la fois dense et aéré.
Un album où chaque détail compte sans alourdir le mouvement
Ce qui frappe sur Ayo Dele, c’est la souplesse de l’écriture. Les basses peuvent être rondes ou bondissantes, les cuivres passer de la chaleur mélodique à une énergie plus funk, les guitares glisser en arpèges texturés, pendant que les rhodes enveloppent et que le clavinet vient relancer, appuyer ou enlacer le morceau. Tout semble très travaillé, mais jamais figé. L’album garde une vraie sensation d’air et de circulation.
Cette manière d’assembler les timbres donne à Ireke une couleur particulièrement accueillante. La musique parle au corps, donne envie de bouger, de se laisser porter, tout en gardant une vraie finesse d’écoute. Il y a là une chaleur immédiate, mais aussi assez de nuances pour que les morceaux continuent à s’ouvrir au fil des écoutes.
Le groove reste moteur, mais il s’ouvre davantage à l’intime
Avec Ayo Dele, Ireke entame clairement un nouveau chapitre. Le duo affine son geste en laissant plus de place aux voix et à ce qu’elles portent. Le groove reste le socle, le moteur, le battement central, mais il ne cherche plus seulement l’impact. Il devient aussi un espace d’accueil pour des paroles plus intérieures, plus sensibles, plus traversées par les liens, la guérison, les doutes et la possibilité de tenir debout.
Cette dimension repose en grande partie sur la présence de deux voix féminines très différentes et très complémentaires : Nayel Hoxo et Agnès Hélène. Elles ne chantent pas l’une à côté de l’autre comme deux couleurs simplement juxtaposées. Elles coexistent, se répondent, se croisent parfois, mais chacune garde sa trajectoire propre, sa manière d’habiter le morceau, sa façon d’ouvrir l’espace.
Deux voix singulières pour éclairer l’album autrement
Nayel Hoxo, chanteuse et rappeuse bénino-nigériane, apporte une force de présence immédiatement saisissante. Héritière d’une histoire musicale précieuse, révélée sur la scène internationale avec le Bénin International Musical, elle chante en yoruba, sa langue de coeur. Sa voix invoque, élève, répare. Dans Ayo Dele, elle porte des chants d’élévation, de résistance et de guérison, comme une lumière qui ne nie pas les failles, mais qui choisit d’y faire passer un souffle.
Agnès Hélène, déjà remarquée sur Tropikadelic avec Petit à Petit, travaille une autre zone de sensibilité. Sa voix est plus claire, plus retenue peut-être, mais tout aussi marquante. Elle explore ce qui vacille, ce qui se réinvente dans les regards, les gestes, les liens. Elle ne clame pas, elle approche. Et c’est justement cette douceur lucide qui lui donne sa force.
Une apparition précieuse qui prolonge l’éclat du disque
Le dialogue s’élargit encore avec la présence d’Olivya de Dowdelin, invitée sur Viv Li. Le temps d’un morceau, sa voix en créole martiniquais apporte une autre lumière, plus solaire, plus feutrée, mais parfaitement accordée à l’esprit du disque. Sa manière de transformer la fragilité en élan vital prolonge naturellement le geste d’Ireke : faire de la musique un lieu d’écho plutôt qu’un simple effet de surface.
C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites de Ayo Dele : ne jamais forcer le trait. L’album ne cherche pas à impressionner à tout prix, ni à empiler les références. Il préfère tisser une cartographie sonore vivante, entre traditions réinventées et textures contemporaines, avec un vrai sens du lien, du cercle, de la vibration partagée.
Une soul ouverte, généreuse et pleinement habitée
Fidèle à l’esprit d’Underdog Records, Ireke signe un disque où la musique rassemble plus qu’elle ne sépare. La soul, le funk, les héritages afro, les pulsations modernes et les matières électroniques ne sont pas là pour afficher une virtuosité de collectionneur. Ils servent un élan plus simple et plus fort : faire circuler quelque chose entre les voix, les instruments, les corps et les émotions.
Ayo Dele est ainsi un album chaleureux, subtil et très vivant. Un disque qui danse, qui console parfois, qui tient la main sans se faire pesant, et qui rappelle qu’au milieu du désordre il reste encore des musiques capables de relier, de relever et de faire respirer.
« Une soul ouverte et généreuse, où le groove ne recouvre pas l’intime mais lui donne au contraire un espace pour vibrer. »
– Radio Rempart
Ireke : biographie express
Ireke réunit Julien Gervaix et Damien Tesson, deux beatmakers et multi-instrumentistes qui pensent le studio comme un laboratoire du groove. Nourri par l’afrobeat, le dub, le funk, la soul, le reggae roots et les musiques électroniques, le duo construit une musique à la fois précise, chaleureuse et très ouverte.
Avec Ayo Dele, Ireke affirme une nouvelle étape de son parcours en plaçant encore davantage les voix et l’intime au coeur d’une architecture musicale pensée pour la danse, l’écoute et la vibration collective.
« Ayo Dele laisse entrer la lumière sans nier les failles, et c’est ce qui donne à son groove toute sa profondeur. »
Le verdict Radio Rempart
Ayo Dele réussit quelque chose de précieux : faire danser sans superficialité, envelopper sans alourdir, toucher sans jamais forcer. Ireke y affine son langage avec beaucoup de souplesse et s’appuie sur des voix remarquables pour donner au disque une profondeur humaine très réelle. Un album chaleureux, habité et durable.
