LaBotanique – Fleuve Sauvage, un rap végétal au fil de la Loire
Un son pour les fans de…
Odezenne, Flavien Berger, Malik Djoudi, Gaël Faye, Radio Elvis
LaBotanique – Fleuve Sauvage
Sortie le 3 avril 2026 chez LABOTANIQUE

Avec Fleuve Sauvage, LaBotanique poursuit son drôle de sillon entre rap, synthétiseurs et observation du vivant. Un disque né au bord de la Loire, où la nature n’est pas un décor mais une matière sonore, mentale et presque narrative.
LaBotanique – Fleuve Sauvage : quand le rap se laisse traverser par le fleuve
Chez LaBotanique, tout commence par un croisement assez rare. Il y a d’abord l’amour des plantes, presque au sens littéral, puisque les membres du duo sont agronomes. Il y a ensuite la passion de la musique, des synthétiseurs et du rap. Et puis il y a ce lieu très particulier, le Jardin des Plantes de Nantes, qui leur sert à la fois de studio, de laboratoire et de terrain d’expérimentation. À partir de là, leur projet prend une couleur unique : faire chanter le végétal, non comme un gadget, mais comme une manière d’écouter autrement le monde.
Cette idée singulière a déjà donné naissance à plusieurs étapes marquantes. En 2020, le duo se fait remarquer avec l’EP Voyage au-dessus du 47e parallèle et devient lauréat du dispositif d’émergence Le Fair. Puis vient Expressions végétales, premier album composé au Jardin des Plantes, construit autour de neuf plantes et de neuf chansons, avec en ligne de fond un regard assez affûté sur notre époque. Pour prolonger cette aventure sur scène, LaBotanique invente même un orgue végétal, instrument conçu pour faire chanter les plantes en concert.
Une musique née du vivant, mais jamais coupée du réel
Ce qui rend LaBotanique attachant, c’est justement sa capacité à ne jamais tomber dans le folklore écolo ou la simple curiosité technique. Leur musique reste profondément liée à une écriture contemporaine, à des textures électroniques, à des rythmes qui viennent du rap et à une manière très sensible de faire dialoguer les sons, les mots et les lieux. Leur parcours en concert, avec une soixantaine de dates en deux ans entre salles et jardins botaniques, a d’ailleurs montré que leur univers pouvait toucher bien au-delà de son concept de départ.
Avec Fleuve Sauvage, le duo déplace encore son terrain d’écoute. Pour composer ce nouvel opus, LaBotanique a passé cinq jours sur une île sauvage, au milieu de la Loire. Cinq jours pour enregistrer le fleuve, pour s’imprégner de son rythme, de ses matières, de ses souffles, et pour laisser cet environnement lentement coloniser leur imaginaire. L’idée est belle parce qu’elle inverse presque les rôles : ici, ce ne sont pas seulement les musiciens qui composent, c’est aussi le fleuve qui travaille les morceaux.
Se laisser transformer par le courant
Toute la question du disque semble tenir dans cette interrogation simple et étrange : qu’est-ce que cela fait de se métamorphoser en fleuve ? Derrière la formule, il y a un vrai programme poétique. Le fleuve devient une image du mouvement, du débordement, de l’érosion lente, de la mémoire qui circule et des formes qui changent sans cesser d’exister. Cette approche donne au disque une dimension plus immersive, presque organique, comme si chaque morceau cherchait à suivre un courant plutôt qu’à s’imposer par la force.
On imagine facilement que cette matière se traduit chez LaBotanique par une musique souple, traversée de nappes, de rythmiques plus libres, de mots qui observent autant qu’ils racontent. Le duo possède déjà cette capacité à faire cohabiter l’expérimentation et l’accessibilité. Avec Fleuve Sauvage, il semble pousser encore un peu plus loin cette idée d’une pop végétale ouverte aux remous, aux silences, aux dérives et aux déplacements intérieurs.
Un projet à part dans le paysage rap français
Même classé dans le Hip-Hop/Rap, le projet de LaBotanique déborde largement des cadres habituels. Il y a dans cette musique quelque chose de plus transversal, entre chanson oblique, électronique artisanale, spoken word et regard documentaire sur le vivant. C’est précisément ce décalage qui fait sa force. Le duo ne cherche pas à rentrer dans une mode, il construit son propre terrain, avec ses outils, ses obsessions et sa manière bien à lui d’inviter la nature au centre de la création.
Fleuve Sauvage prolonge donc une aventure déjà très singulière, tout en ouvrant une nouvelle porte. Après les plantes, voici le fleuve. Après le jardin comme studio, voici l’île comme zone d’écoute. Et derrière ce déplacement, il y a toujours la même intuition : la musique peut encore servir à entendre autrement ce qui nous entoure, et peut-être aussi à nous y reconnecter avec un peu plus d’attention.
« Cinq jours pour se mettre à l’écoute du fleuve, l’enregistrer et le laisser coloniser l’imaginaire. »
– Autour de Fleuve Sauvage
Pourquoi Fleuve Sauvage intrigue
Fleuve Sauvage attire d’abord par son point de départ, forcément peu commun. Mais ce qui retient vraiment l’attention, c’est la cohérence du duo, qui transforme cette idée en véritable proposition musicale.
LaBotanique continue de creuser un territoire très personnel, entre écoute du vivant, goût des synthés et écriture rap décalée. Un endroit rare, à la fois accessible, curieux et franchement original.
« Un disque qui laisse entrer la Loire dans ses machines, ses mots et ses dérives. »
Le verdict Radio Rempart
Avec Fleuve Sauvage, LaBotanique confirme qu’il existe encore des projets vraiment à part dans le paysage français. En mêlant rap, synthétiseurs, écoute du vivant et imaginaire fluvial, le duo signe un disque curieux, sensible et habité, qui avance à son rythme sans ressembler à grand monde.
