Les frères timal nouvel album, intitulé Sé sa menm à découvrir dans le programme Rempart
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Les Frères Timal – Sé sa menm, le gwo ka en fusion électro-funk

Un son pour les fans de grooves créoles, de musiques métissées et de pulsations chaleureuses comme…

Kassav’, David Walters, Delgrès, Dowdelin, Vaudou Game

Fiche album

Les Frères Timal – Sé sa menm

Sortie le 3 mai 2024 chez AZTEC Musique

Album Sé sa menm
Artiste Les Frères Timal
Label AZTEC Musique
Sortie 3 mai 2024
Genre Musiques du monde
Pochette de l'album Sé sa menm de Les Frères Timal

Avec Sé sa menm, Les Frères Timal signent un album solaire et profondément vivant, où le gwo ka dialogue avec l’électro-funk dans un même élan de partage. Un projet né de la rencontre entre tradition antillaise, énergie de scène et envie de faire circuler autrement un patrimoine musical immense.

Gwo ka Electro-funk Guadeloupe Patrimoine vivant

Logo Radio Rempart Les Frères Timal – Sé sa menm : quand le gwo ka rencontre la métropole électrique

Il y a des projets qui naissent d’une évidence, même lorsqu’ils mettent du temps à prendre forme. Avec Sé sa menm, Les Frères Timal réunissent deux mondes qui n’avaient aucune raison de s’ignorer : d’un côté la pulsation ancestrale du gwo ka, de l’autre les textures plus modernes de l’électro et du funk. Le résultat ne sonne jamais comme un collage artificiel. Au contraire, tout ici semble porté par une vraie fraternité musicale.

À l’origine du projet, on retrouve la rencontre entre Léopard Da Vinci, producteur à l’imaginaire électro-funk bien trempé, et Jean-Marc Ferdinand, surnommé L’Ambianceur de Guadeloupe. Leur rapprochement s’est fait peu à peu, dans le sillage d’années de collaborations, de concerts, de résidences et de discussions autour d’une même envie : rendre hommage à une musique essentielle tout en l’emmenant vers d’autres horizons.

Un album né du besoin de retisser du lien

Le projet prend véritablement racine pendant les années de crise sanitaire. Alors que la morosité s’installe, les équipes cherchent un souffle, une chaleur, un ailleurs. C’est dans ce contexte qu’une envie grandit : faire émerger une proposition musicale capable de mêler patrimoine, modernité et énergie collective. Plus qu’un simple disque festif, Sé sa menm porte ainsi une réponse artistique à une époque de repli, avec cette idée forte de recréer du commun par le rythme.

La rencontre avec Jean-Marc Ferdinand agit alors comme un déclic. Derrière l’image du performer capable d’électriser de grandes foules, il y a aussi un chanteur profondément enraciné dans les traditions antillaises, capable de transmettre l’histoire, le chant, la pulsation et la générosité du gwo ka dans un cadre beaucoup plus intime. C’est cette profondeur-là que le projet choisit de mettre au centre.

Le gwo ka comme racine, mémoire et mouvement

Né dans la douleur de l’histoire esclavagiste en Guadeloupe, le gwo ka est une musique de mémoire, de résistance et de métissage. Longtemps dénigré ou tenu à distance, il s’est pourtant imposé comme un élément majeur du patrimoine culturel antillais. Sa force tient autant dans ses rythmes que dans sa fonction sociale : le chant, la réponse collective, la pulsation, la danse et l’improvisation forment un tout vivant.

L’une de ses grandes richesses réside dans son rapport au corps. Dans le gwo ka, la danse ne vient pas seulement accompagner la musique : elle en fait partie, elle dialogue avec elle, elle guide parfois même le tambour soliste. Cette dimension très organique donne à Sé sa menm une intensité particulière. On sent que le projet ne cherche pas à décorer une esthétique électronique avec quelques signes exotiques. Il part bien de la tradition pour construire un langage nouveau.

Une fusion qui évite les clichés créoles

L’une des belles idées du disque consiste justement à ne pas réduire la musique antillaise au seul zouk. En repartant des rythmes de base du gwo ka, le projet ouvre un espace plus large, où les chants de Jean-Marc Ferdinand peuvent s’appuyer sur des textures modernes, des samples, des synthétiseurs et une approche de production plus urbaine. Le mélange garde un ancrage fort, mais refuse les automatismes.

C’est ce qui donne à l’album cette allure à la fois populaire et ambitieuse. On peut y entendre la chaleur des Antilles, la puissance des percussions, la force du chant et ce goût du partage immédiat, tout en sentant derrière la musique un vrai travail de construction. Sé sa menm avance avec naturel, comme si cette rencontre entre bitume métropolitain et mémoire guadeloupéenne attendait simplement son moment.

Un disque de transmission autant qu’un disque de scène

Au fond, ce qui rend le projet particulièrement attachant, c’est sa double nature. Il y a d’un côté l’envie de transmettre, de faire découvrir un patrimoine immense, de rappeler que la culture antillaise ne se résume pas à quelques clichés touristiques. Et de l’autre, il y a l’élan de scène, la sueur, la générosité, le besoin de faire bouger les corps et d’embarquer le public.

Sé sa menm réussit précisément là où beaucoup de fusions échouent : il ne cherche pas l’effet facile. Il part d’une matière vivante, la respecte, la pousse, l’ouvre et en tire un disque chaleureux, fédérateur et musicalement très riche. Une belle façon de rappeler qu’une tradition n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle continue de circuler.

« Mettre le gwo ka en mouvement avec d’autres sons, non pour le trahir, mais pour mieux le partager. »

– Autour de Sé sa menm

Pourquoi Sé sa menm fait mouche

Sé sa menm fonctionne parce qu’il ne choisit jamais entre la fête et la transmission. Le disque donne envie de danser, mais il donne aussi envie d’écouter ce qu’il raconte du gwo ka, de ses racines et de son incroyable vitalité.

C’est un album généreux, vivant et sincère, qui réussit à faire cohabiter patrimoine, énergie populaire et production moderne sans perdre sa chaleur ni son ancrage.

« Une fusion ample et chaleureuse, où le gwo ka garde toute sa force en s’ouvrant à d’autres textures. »

Écouter Les Frères Timal

Retrouve l’album Sé sa menm sur les différentes plateformes :

Le verdict Radio Rempart

Avec Sé sa menm, Les Frères Timal livrent un disque de rencontre au sens fort du terme. Le gwo ka y reste vivant, ancré, puissant, pendant que l’électro-funk lui offre d’autres chemins, d’autres couleurs et une nouvelle portée. Un album généreux, intelligent et taillé pour faire vibrer autant les corps que la mémoire.