Matías Enaut fait souffler la mémoire sur les aléas du vent
Un son pour les fans d’électronique sensible, de chanson française vaporeuse et de paysages intérieurs comme…
Flavien Berger, Malik Djoudi, Kid Francescoli, Sébastien Tellier, Rone
Matías Enaut – les aléas du vent
Sortie le 17 avril 2026 chez Grand Musique Management

Avec les aléas du vent, Matías Enaut poursuit son chemin entre chanson française et pop électronique avec un disque intime, sensoriel et traversé par la mémoire. Porté par des nappes analogiques, des beats subtils et une voix volontairement discrète, l’album avance comme un rêve dont les images reviennent par fragments.
Matías Enaut – les aléas du vent : un album suspendu entre souvenir, présence et souffle intérieur
Avec les aléas du vent, Matías Enaut signe un disque qui semble flotter entre plusieurs états : le passé et le présent, l’enfance et l’âge adulte, l’image nette et la sensation fugace. Ce nouvel album s’inscrit dans la continuité de son travail entre chanson française et électronique, mais il pousse encore plus loin la dimension poétique et sensorielle de son univers.
D’origine basque, grandi à Bordeaux puis installé à Paris depuis une quinzaine d’années, Matías Enaut a d’abord commencé par composer pour des vidéos de skate, avant de poser sa voix sur ses propres morceaux. Cette expérience de la musique pour l’image continue de nourrir profondément son écriture : chez lui, les sons ne décorent pas, ils suggèrent, ils ouvrent des espaces, ils font naître des paysages mentaux.
Un album construit à partir de souvenirs mouvants
les aléas du vent est né à un moment particulier, juste avant que Matías Enaut ne devienne parent. C’est alors que des souvenirs d’enfance ont commencé à lui revenir sans prévenir. Certains apparaissaient avec une précision étonnante, d’autres restaient enfouis, flous, à peine perceptibles, comme retenus par prudence. C’est précisément dans cette matière instable que l’album trouve sa cohérence.
Ici, les chansons ressemblent à des éclats de mémoire. Une odeur, une foule, une image furtive, une sensation qui revient sans qu’on sache vraiment pourquoi. Matías Enaut transforme ces fragments en chansons et en interludes, comme s’il essayait de retrouver un chemin intérieur en avançant à tâtons, avec délicatesse. Le résultat n’a rien de théorique : il touche parce qu’il laisse de la place au trouble, à l’inachevé, à ce qui nous échappe.
Une voix douce, presque cachée, au milieu des textures
L’une des grandes forces du disque tient à son traitement sonore. Matías Enaut n’utilise pas sa voix comme un centre qui s’impose d’emblée. Au contraire, elle se glisse souvent dans les arrangements, se fond dans les synthés, se double, s’harmonise, s’éloigne, puis revient au premier plan. Cette façon d’obliger l’oreille à tendre l’attention donne à l’album une vraie profondeur d’écoute.
On sent aussi le soin porté à l’espace lui-même. L’artiste a voulu que l’auditeur ressente physiquement le lieu où les chansons ont pris forme, comme si cette pièce de création symbolisait à la fois son inconscient et la chambre de ses premières compositions. Les jeux de distance, les sons diffusés puis réenregistrés de plus près ou de plus loin, créent une impression de mouvement très subtile, presque tactile.
Entre rêverie électronique et chanson en clair-obscur
Musicalement, les aléas du vent prolonge ce que Matías Enaut avait déjà esquissé sur Nuées en 2019 puis Éclats en 2023, mais avec une maturité supplémentaire. On retrouve ses nappes évanescentes, ses beats discrets, ses textures analogiques et cette manière bien à lui de faire cohabiter l’élégance mélodique avec une forme de flottement poétique.
L’album réunit dix chansons et trois interludes instrumentaux, comme autant de passages entre les mots, les sensations et les images. Certains textes prennent même la forme de slogans, de bribes qui reviennent en boucle, presque comme des refrains inconscients. Cela donne au disque une manière de respirer singulière, faite de répétitions, d’échos, de présences diffuses et de silences habités.
Un disque sur ce qui revient, et sur ce qui commence
Derrière la délicatesse des arrangements, les aléas du vent parle aussi d’un basculement. Celui d’un artiste qui regarde en arrière au moment même où une nouvelle vie s’annonce. Il y a dans ces morceaux la place d’un parent qui devra un jour expliquer « la forme des nuages », mais aussi celle d’un enfant qui apprend à dire « simplement non ». Tout cela traverse l’album sans lourdeur, avec une pudeur qui lui va très bien.
C’est ce qui rend ce disque particulièrement touchant : il ne se contente pas d’évoquer les souvenirs, il parle aussi de fondations en mouvement, de ce qui se transforme au moment même où l’on essaie de le saisir. Matías Enaut réussit ainsi un album de seuil, à la fois fragile et solide, où la rêverie ne sert jamais de refuge facile mais devient une manière de mieux habiter le présent.
« Une pop électronique feutrée, poétique et sensible, qui avance comme un souvenir qu’on croyait perdu. »
– Radio Rempart
Matías Enaut : biographie express
Matías Enaut est auteur-compositeur-interprète et compositeur pour l’image. Après avoir longtemps créé des musiques pour des vidéos de skate, il a développé un univers personnel entre chanson française et pop électronique, où la voix, les textures et l’espace sonore jouent un rôle central.
Après Nuées en 2019 et Éclats en 2023, il revient avec les aléas du vent, un album intime et sensoriel qui approfondit encore sa manière de faire chanter la mémoire, les sensations et les images.
« Matías Enaut préfère la suggestion au surlignage et signe un disque où l’on entre comme on revient dans une pièce familière. »
Le verdict Radio Rempart
les aléas du vent est un album qui se découvre autant qu’il s’écoute. Matías Enaut y affine une écriture délicate, une science du climat et une manière très personnelle de faire dialoguer la chanson française avec l’électronique. Un disque feutré, profond et habité, qui demande un peu d’attention mais la rend largement.
