Notes on the memory of notes : le jazz en résonance
Un son pour les fans de jazz contemporain, d’improvisation et de paysages électroniques, dans l’esprit de…
Nils Petter Molvær, Arve Henriksen, Jan Bang, Aka Moon
Lorenzo Bianchi Hoesch, Fabrizio Cassol & Adèle Viret – Notes on the memory of notes
Sortie le chez Ornithology

Un saxophone, un violoncelle et l’électronique pour explorer ce qu’une note laisse derrière elle. Avec Notes on the memory of notes, Lorenzo Bianchi Hoesch, Fabrizio Cassol et Adèle Viret font de l’écoute le moteur d’une création collective. Paru le 9 octobre 2026 chez Ornithology, cet album relie jazz contemporain, écriture et improvisation dans une musique où les timbres se répondent, les rythmes se densifient et les résonances ouvrent de nouveaux espaces.
Notes on the memory of notes : le souffle, la corde et la mémoire du son
Le titre suggère une question simple : que devient une note lorsqu’elle cesse de résonner ? Elle peut laisser une couleur, une tension, l’envie d’une réponse. Cette idée offre une belle porte d’entrée dans la rencontre entre Lorenzo Bianchi Hoesch, Fabrizio Cassol et Adèle Viret. Leur projet accorde autant d’importance au son lui-même qu’aux relations qui se construisent entre les musiciens. Une phrase appelle un mouvement ; une texture transforme la façon d’entendre l’instrument qui la traverse.
Trois instruments, une matière en mouvement
Au saxophone alto, Fabrizio Cassol apporte le souffle et la souplesse du phrasé. Le violoncelle d’Adèle Viret inscrit dans cet échange la chaleur des cordes et une présence mélodique singulière. L’électronique de Lorenzo Bianchi Hoesch, travaillée en temps réel, participe pleinement à la conversation. Elle donne aux sons un environnement changeant, où leur rencontre peut prendre une ampleur presque chorale.
Cette combinaison permet de faire cohabiter des rythmes électroniques complexes, des passages écrits avec précision et des étendues improvisées plus ouvertes. La musique change ainsi de densité : certaines séquences resserrent le mouvement, d’autres laissent les matières se déployer en plusieurs couches. Le trio construit ses contrastes à partir de cette circulation entre la netteté d’une ligne et la profondeur d’un paysage sonore.
L’écriture et l’improvisation se répondent
Dans Notes on the memory of notes, la composition donne des points d’appui à l’échange. Elle organise des trajectoires, des rythmes et des rendez-vous que l’improvisation peut prolonger. Les trois musiciens disposent alors d’un cadre commun tout en restant attentifs aux propositions de chacun. La précision du travail d’écriture et la spontanéité du jeu nourrissent une même recherche de mouvement.
Le lyrisme constitue un autre fil conducteur. La douceur des timbres et leur capacité à se fondre accompagnent les passages les plus denses. Cette dimension sensible donne accès à une musique riche en détails : on peut suivre le dessin du saxophone, s’attacher à la ligne du violoncelle ou laisser l’ensemble occuper l’espace. Plusieurs chemins d’écoute se dessinent au sein d’une même rencontre.
Explorer les nuances entre les notes
Dans sa présentation du projet, le GMEM souligne aussi une recherche de liberté harmonique microtonale. Le trio s’intéresse aux infimes variations de hauteur, notamment aux intervalles plus petits qu’un demi-ton. Ces nuances élargissent la palette des instruments et permettent d’explorer d’autres couleurs dans leur rencontre avec l’électronique.
À cette échelle, un léger déplacement peut modifier la relation entre deux sons. La curiosité devient alors une manière de jouer ensemble, attentive aux résonances comme aux silences. C’est aussi ce qui rend la proposition stimulante : trois personnalités très affirmées cherchent un langage commun, assez souple pour accueillir leurs différences et assez ouvert pour laisser surgir une réponse inattendue.
« Inspirés par un lyrisme délicat, les trois musiciens créent des espaces où l’oreille peut encore être surprise. »
Lorenzo Bianchi Hoesch, Fabrizio Cassol et Adèle Viret : trois parcours ouverts
Lorenzo Bianchi Hoesch, compositeur et artiste sonore, travaille sur les liens entre électronique, instruments acoustiques et espace. Ses recherches traversent aussi la danse, le théâtre et les installations immersives. Ses rencontres avec le joueur de kora Ballaké Sissoko et le trompettiste Amir ElSaffar prolongent ce goût du dialogue. Dans ce trio, son électronique en temps réel accompagne une création qui se transforme au contact des autres interprètes.
Fabrizio Cassol, saxophoniste et compositeur belge, développe depuis longtemps avec Aka Moon une pratique nourrie de rencontres musicales. Son parcours relie l’improvisation, l’écriture et l’étude de traditions extra-européennes. Il s’intéresse notamment aux rapports entre transmission orale et composition. Cette ouverture trouve ici un prolongement naturel, dans une formation où chaque instrument contribue à élargir les possibilités des deux autres.
Adèle Viret, violoncelliste et improvisatrice, fait circuler son instrument entre jazz, création contemporaine et échanges interculturels. Avec le collectif Mosaïc et son quartet, lauréat de Jazz Migration #9, elle affirme une voix personnelle. Son parcours de formation classique et son engagement dans les musiques improvisées nourrissent une approche où la précision du geste reste intimement liée à la liberté de l’interprétation.
Un fil d’écoute à suivre : le passage d’une phrase instrumentale à sa résonance, puis la façon dont un autre son vient lui répondre.
Le verdict Radio Rempart
Ce qui retient l’attention dans Notes on the memory of notes, c’est la place accordée à l’écoute mutuelle. Le souffle de Fabrizio Cassol, les cordes d’Adèle Viret et l’électronique de Lorenzo Bianchi Hoesch nourrissent une recherche commune, portée par le lyrisme et la liberté du jeu. Une rencontre à découvrir pour les amateurs de jazz contemporain curieux des possibilités de l’électronique.
